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 L'Envol de ma Plume.

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Alendil
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MessageSujet: L'Envol de ma Plume.   Mar 7 Aoû - 5:33

L’Envol de la Plume


ou « Récit de l’apprentissage de la vie grâce au rêve ».


Ce Récit n’est soumis à aucune logique narrative, aucune contrainte temporelle ou géographique, même si une majorité de l’action se définit dans une ambiance principale. Si vous trouvez des thèmes qui vous choquent et qui sont incohérents avec les autres, cela est peut-être dû au fait que le recueil n’est pas encore achevé… Je n’ai pas fini de grandir, alors…

Citation :
Prologue de l’auteur :

Il vous est proposé ici ni une vérité, ni un récit philosophique transcendant l’essence de l’humanité, nulle histoire de héros invincibles et de dragons furieux, encore moins de moustique géant ou de fin du monde. Au travers de ces 21 nouvelles, c’est une histoire que vous lirez, celle d’une vie et de vies qu’elle a croisé. Ce texte est sans prétention et est sujet à toute critique, bien évidemment. Merci de votre lecture.

Je dédie ce texte à celle qui a tant fait pour moi, qui m’a sauvé en me quittant…

Cela ne marche pas par Chapitres mais par Nouvelles, chaque étape de dix neuf années plus quelques pancartes de décors… Vingt et un pas en dix neuf ans…

L’Aube est claire…

Et le Vent qui s’engouffre

Les fleurs de cerisiers tombent…

Le Samouraï Perché

Les fleurs de la Violence

Le Saule et les Sanglots

Un soir de combat


Le Soir à Midi.

L’Aude

Un autre soir

La caresse d’un rêve

Dans le cœur du Funambule…

Le chant du Cerisier

De l’Arbre au Fil

Premier coup de Sabre


La trouée dans les Nuages.

Second Coup de Sabre

Les Vallées de la Vie

Le Flambeau ne s'éteint jamais

Le Château d'Alendil

Et les Flammes forgent

Le Soir de son Epoque

Et le Vent qui Renait

Inachevé.


Dernière édition par le Mer 8 Aoû - 16:37, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: L'Envol de ma Plume.   Mar 7 Aoû - 5:33

Et le Vent qui s’engouffre :


Et le vent qui s’engouffre au loin dans les champs de blé.
Et la nuit qui lâche sur nos têtes ses bruits et surtout ses miracles.
Quoi de plus beau…
Quoi de plus beau que le parfum d’un amour dans des yeux ensommeillés... ?
Et le ciel qui se cache, nous privant de son bleu.
Ou bien la lune ronde qui nous montre ses yeux.
Et le vent qui s’engouffre, au loin dans mes pensées…

Le sabre sur l’épaule et la folie au cœur, je suis là, assis sous cet arbre, à contempler la plaine.
Et les champs dessinent l’horizon, vaste courbe qui ondule au bruissement de l’air.
Mes pieds ne trouvent plus de chemin depuis longtemps…
Ils avancent et, le sabre sur l’épaule, ils me permettent de survivre.
Et là-haut les étoiles brillent comme pour m’encourager, certains en font des poèmes.
J’ai versé quelques larmes.

Et les larmes qui s’engouffrent au loin dans mes souvenirs.
Oh oui, quoi de plus doux que le touché de l’être aimé ?
Les coudes sur les genoux et les bras croisés, le menton sur les mains, je regarde ces terrains qui chantent le passage de l’air nocturne.
Il fait chaud, en cette fin d’été et l’odeur de la chaleur retombe un peu.
Il doit être minuit.

Et l’homme qui se pert, au loin dans ses regrets.
Personne ne peut le ramener, n’est ce pas…
Si, quelqu’un pourrait mais c’est le vent qui s’engouffre dans son cœur…
Et son sabre dans le ventre, il sourit une dernière fois, à la nuit qui l’emporte.
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MessageSujet: Re: L'Envol de ma Plume.   Mar 7 Aoû - 5:33

Les fleurs de cerisier tombent...




Le monde tourne et avance tandis que les hommes se lèvent, arborent leurs soleils et se couchent. Les nuages au ciel font comme une peinture qui fuit constamment vers l’horizon. Les hommes connaissent tous l’horizon et ont chacun le leurs.


Et là bas, sur les contreforts d’une colline, un cerisier pleure et perd ses pétales dans un vent frais de printemps. Et là bas, sous les contreforts de ses angoisses un homme pleure et perd les pétales d’une rose qu’il a voulu aimer.


La lune tourne et survole les terres connues des hommes tandis que ceux
là se couchent pour aimer, embrasser, que ce soit leurs draps et la chair tendre d’un être aimé. Les nuages sont pâles et gris et seules les étoiles se permettent de chanter et de courir dans une nuit telle que celle-ci où la vie triomphe.


Le temps n’est plus aux guerres, les hommes sont épuisés et leur monde brisé, les ruines fument encore des rages d’hier et leurs cœurs sont repus de haine et de combat. Le temps n’est plus aux guerres. Le temps est au repos, à l’amour et à aux fleurs de cerisiers qui tombent sous un vent de printemps trop étourdi.


Et là bas, sous les arcades de sa souffrance et le plafond de sa hargne, un être jure de brûler la Terre et de condamner tous les fils des hommes aux geôles de sa vengeance. Il était amoureux et elle l’a quitté. Le jour est à la fin de ses peines et au début de ses pas de feu sur les cieux de toute chose. Il va marcher sur la terre, le ciel et les humains pour proclamer haut et fort la puissance de son génie. Mais le cerisier fait déjà le deuil de la terre qui vont s'ouvrir...


Et, le cœur gonflé de haine, le cœur qui bat tout enflammé, les yeux vomissant une lumière rougeoyante et les bras armées de lames de foudre, il se lève, marche sur les cimes de montagnes, enjambe la mer et repend sa folie meurtrière. Mais là bas, derrière la mer, derrière les montagnes, et derrière même les blessures de son coeur, le cerisier est là, et les fleurs de cerisier tombent, roses argentées...


Qui est-ce que cet homme qui semble avoir tout à mourir? Je ne sais pas, et moi, je suis là, je pense à toi, et malgré tout, je t’aime.
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MessageSujet: Re: L'Envol de ma Plume.   Mar 7 Aoû - 5:34

Le Samurai Perché:



Si vous marchez quelques jours, partant des montagnes, celles-là même qui étendent leurs silhouettes bleutées quand on se lève tôt et qu’on regarde au loin. Si vous vous coiffez de pétales roses, de pétales blancs, ramassés au pied d’un cerisier. Si vous avez dans le cœur quelques rêves et des mots justes et que vous avez été enfant au regard clair ; vous me trouverez.

Certains ont vu en moi un fol cabotin aux déguisements nombreux et au sourire inconstant. D’autres, ont vu plutôt un être fait de glace et au regard perdu ailleurs. Ce n’est pas une légende qui naît : c’est seulement un homme qui marche.

Je n’ai prêté ma plume et ma voix qu’aux voyageurs comme décrits tout à l’heure, qui répondent à mon ciel, comprennent mon arbre et aiment mes nuages. Si vous voulez me parler, me voir, me toucher, sachez que je suis dans la Plaine, assis dans mon arbre, sur une des hautes branches, et que j’admire ce monde qui tourne, par delà ses horizons.

Oui, on m’a déjà connu et déjà jugé : on m’a même déjà dit être lâche, être érudit, fort peut-être, calme aussi, avisé ou joyeux… J’ai entendu de nombreuses voix cherchant à me dicter ma conduite et je m’y suis plié jadis. Mais c’est fini. J’ai cessé d’embrasser mes propres chaînes et je suis grimpé dans mon arbre pour fredonner dans le vent où dansent mes cheveux. Et, plus près du ciel, les pieds dans le vide, je regarde.

Là-bas, un pauvre samouraï meurt, si jeune, de sa propre lame. Ici, un homme marche sur le monde et fracasse les rocs de ses poings embrasés. Au fond, une femme pleure à cause d’une guerre qui lui a pris ses trois fils. Enfin, à quoi servirait-il que je pleure ou me batte avec eux ? Alors je reste sur ma branche, les jambes battant le vide et j’observe.

Je les regarde et garde mes deux Gardes, mes deux Sabres dans le dos de ma ceinture. Pour la fin du monde, peut-être les sortirais-je… Et alors peut-être réussirais-je à sauver un oiseau… ou même des pétales d’un cerisier… Et les perles de l’homme…
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MessageSujet: Re: L'Envol de ma Plume.   Mar 7 Aoû - 5:35

Les fleurs de la Violence...



Et la violence qui fleurit, sous le vent printanier… Pourquoi l’humanité est-elle si vile, pourquoi sommes-nous tous les fruits de nos pères ? L’arbre de notre généalogie va-t-il se suicider ?


Alors je plonge au fond du bassin de mes lubies. Oui, je joue, j’écris, je plaisante. Comment ne pas devenir four dans ce monde ? C’est très simple en ne vivant pas. En ne prenant pas compte des réalités, de la couleur du ciel, de celle des feuilles. En fermant les yeux, gardant dans sa poitrine une bouffée d’ancien oxygène. Mais l’air se détériore et il me faudra bientôt remonter à cette satanée surface.


« Amen » aurait dit un homme d’Eglise. Je ne crois même plus en eux. N’y ais-je jamais cru ? Moi, pour vivre, je me mens et je reste dans des eaux calmes, chaudes. Comme celles du ventre de ma mère, d’où je ne pouvais voir le monde extérieur. Je me souviens… Je me souviens de mon enfance…


Et je vois, au loin, là haut, sur son fil. Je le vois, lui, que son pas est beau… Il me laisse tout rêveur… D’autres l’appellent Plume Tranquille… Il est sur un fil, pendu entre deux nuages, en plein dans les bourrasques de la vérité. Et il marche, tout droit, le sourire aux lèvres et les mains dans les poches. Et il rit, son rire clair prenant les cieux et dominant parfois les fleurs du mal qui se permettent d’embaumer nos cœurs. Elles nous mentent et nous font croire à de terribles avenirs…


Moi, je suis accroupi dans mon bassin, chaud et fumant, et les paupières me tombent de fatigue, elles sont lourdes. Mais je peux encore le distinguer sur le fond de ciel clair. C’est une silhouette nonchalante, qui marche sur son fil. Le fil supporte son poids en faisant un petit creux. On dirait qu’il s’ennuie.
Mais des formes en dessous, lui jettent des cailloux.
Mais des forces au dessus lancent la foudre dure.


Et lui il avance, ignorant mes peurs, ignorant mes cris, ignorant mes prières et ignorant son malheur. Il a déjà trop pleuré, il a déjà trop saigné, alors il se rit de tout. Mais je sais, au fond de moi, que l’angoisse lui étrangle le cœur.


Et pourtant, il est là haut alors que nous sommes tous en bas. Est-il plus fort ? Non, un ange me l’a dit : il a simplement foi en l’humain, foi en la suprématie des sentiments sur l’esprit…




A ma filleule de Coeur et de Plumes de Cerisier, qui n'est plus ma filleule effective mais à qui le texte reste adressé. Et à tous les gens qui rêvent, aussi...
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MessageSujet: Re: L'Envol de ma Plume.   Mar 7 Aoû - 5:35

Les Saules et les Sanglots...



Nous voici à l’aube d’un monde ancien. Celui là même qui se lève quand me bercent les nuage. Et où tombe mon cœur. Là – ici ou là – les eaux paresseuses de la rivière forment un coude dans lequel quelques saules se lamentent. Le vent calme fait danser leurs longues franges, les coiffant de taches roses argentées : des pétales, venus d’un cerisier lointain. Qu’en se retournant même de toute part, on ne peut cueillir du regard.

Quatre jours déjà, quatre jours mêlés de saules et de sanglots. Je me suis baigné dans ces eaux, j’ai caressé les troncs d’une main blessée, de ma vie blessée, couverte de plaies. Je ne suis pas poète, je ne suis pas enfant, je ne suis rien, rien ! Je ne vaux rien car nul amour ne sacre mon esprit ! Je reste assis, à espérer qu’un vent nouveau se lève. Cinq ans, il me faudra attendre, en espérant d’ici là, croiser le sabre de l’amour.

Peu importe le jour, pourvu que le vent souffle ! Peut importe ma vie, pourvu que la terre tourne. Peu m’importe l’amour, surtout la plume danse. C’est la flamme de la vie que la plume, et l’encre de mon sang, ces pensées.

Qu’importe que cet homme ait dressé son ombre sur la plaine, je marche sur mon fil, pendu dans les nuages. Je ne suis ni violoniste, ni l’archer au violon. Je suis moi, seulement moi, encore moi, ni plus, ni moins… Oh…
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MessageSujet: Re: L'Envol de ma Plume.   Mar 7 Aoû - 5:35

Un Soir de combat.


Mais tu sais ce que j’en pense, je ne veux pas. La dernière fois, ça a été pareil, et regarde où ça nous a mené… Mais arrête tes caprices, ça ne nous mènera à rien. Combien encore de fois l’orage doit frapper tes branches pour que ton cœur se refroidisse ? Combien de fois tu devras te réduire pour faire écouler ton eau sur la moindre parcelle de rêve déçu avant de comprendre que tu ne dois pas espérer ?

Je suis lasse de batailler avec toi, d’autant qu’il ne m’écoute jamais. J’ai beau vous annoncer ce qui va se passer et le consoler après, il m’ignore avant et m’émeut après. Tu es comme lui. Ou plutôt non, c’est lui qui subit ce que tu es. Et tu es franchement chiant avec tes romans à l’eau de roses ! Si, ne nie pas avec tes arguments dignes de vers pathétiques ! Tu sais que j’ai raison, tu le sais et tu te moques de moi car tu le connais.

Mais un jour, tu verras, ce sera moi qu’il écoutera et tu auras beau gémir comme tu le fais si bien sur un couché de soleil, je ne ploierais pas et tu resteras au trou ! Oui, parfaitement. Si on m’écoutait un peu, on ne souffrirait plus de ces bêtises sans d’autre valeur que le plaisir éphémère d’un bonheur violé. Ce à quoi tu sers n’a pas de place dans notre monde. Je suis la seule et l’unique à être faite pour le guider.

Pardon ? Répète un peu ? On verra qui a le dernier mot, crois moi… Attend de le faire encore s’effondrer tel un ange sans aile ou un titan sans haine, tu verras. Si la voûte des astres t’appartient et si c’est le sucre, le miel du soleil autant que la douceur de la lune que tu lui promets, moi je lui donne le monde, le pouvoir et la grandeur de son esprit ! Alors, toi qui ne seras rien dans vingt ans, apprend à m’obéir et tais-toi, si tu veux que je te prenne en considération quand l’heure sera venue ! Tais-toi !

Non, arrête, ne lui fais pas faire ça… Non… Mais en plus, elle ne l’aime plus, il n’y a que par moi qu’il s’en sortira… Arrête…
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MessageSujet: Re: L'Envol de ma Plume.   Mar 7 Aoû - 5:36

L'Aude.


C’est en murmurant que le vent fait bruisser les pins, tomber quelques pignons et taire le chant de nos cigales. Elles ont pour habitude de se mettre sur l’écorce résineuse aux heures chaudes, où nous, on préfère rester à l’ombre, pour frotter leurs pattes. Le soleil est chaud, c’est un véritable poids étouffant présent sur les nuques et les épaules. L’odeur de la pierre chaude et de l’eau rare sont d’ailleurs très présentes dans nos terres.

C’est amusant de constater à quel point les roches ont joué avec le relief, ici. Il n’y a pas une surface plate. Pas une. Collines, creux, buttes, fossés naturels, rivières asséchées,… Ah oui, vous trouverez tout ça, mais nulle trace de petite plaine à l’horizon, désolé. Ne vous en faites pas notre pays vous propose d’autres charmes.

Il y a par exemple les nuits pures, sans eau – donc sans nuage, où les étoiles semblent être incrustées dans quelques plafonds trop bas. Il y aussi l’air qui bouge mais sans être froid, vous apprenant à savourer sa caresse. Hé ! Ce n’est pas pour rien, l’air lui-même a compris qu’il n’aurait rien par la force ici. C’est normal ! Nous avons nos murailles ! Essayez toujours de passer par-dessus, dessous, ou à côté, elles vous arrêteront. Il n’y a qu’en essayant de passer autour que vous pourrez entrer dedans. Mais ça : chut, c’est un secret.

Oui, ces lignes élégantes de pierres blanches et jaunes tracent la citadelle de notre monde, c’est là que naît l’accent chantant des cigales et le rire de nos enfants. N’est-ce pas un Paradis sur Terre ? Ah, nos montagnes sont là pour vous offrir châtaignes et champignons, quand l’automne arrive et donne son humidité feuillue. Ainsi, les amoureux de l’eau trouvent un refuge. Bah ! Si l’eau ne coule pas sur les roches sèches des lits des rivières, elle gronde dans nos nappes phréatiques gigantesques. C’est pour ça que vous verrez partout de nos puits.

Honnêtement, on se le demande, pourquoi ne restons nous pas toute notre vie dans ces lieux ? Honnêtement, pourquoi Celui-qui-marche-sur-le-fil n’y pas ?

Parce que l’homme y est.
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MessageSujet: Re: L'Envol de ma Plume.   Mar 7 Aoû - 5:36

Un autre soir.


Je monte du doigt le ciel bleu à des êtres qui fuient des terres foudroyées. Moi, je suis le vagabond qui regarde passer les fleurs de l'humanité, les encourageant à fuir vers le large, vers les monts où le bonheur dépendra de leur pouvoir. Il ne tiendra alors qu'à eux de faire briller la neige et le soleil afin de vider ces plaines mortes.

Je veux bien me constituer le gardien de ce cimetierre... Je veux bien, mais seulement vingt ans durant. Et après, je m'allongerais sur le sol et je laisserais les nuages rouler au dessus de mon coeur, là haut loin dans me ciel, loin dans le bleu et froid plafond. Et là j'avoue, je me sentirais heureux de n'enfin plus rien sentir, plus jamais et mon bonheur sera mon inexistance, enfin l'inverse puisque je ne sens déjà rien. Dans mes yeux fermés, en cristaux de glaces qui dansent, je lis:


"Quand la terre sera privée par l'ombre,
et que le sang des fleurs sortira du ciel,
que je pourrais m'enfuir dans le creux d'une tombe
alors lève toi et que je m'allonge enfin.
"


Donc je reste là, debout sur mon rocher qui surplombe la foule des voyageurs et quand la force vient manquer à mon bras tendu et levé, je ferme les yeux. Je peux alors revoir les lettres danser, me nourrissant d'espoir et d'amour pour le rôle que j'ai choisi à l'époque où je ne le savais même pas. Amen!
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MessageSujet: Re: L'Envol de ma Plume.   Mar 7 Aoû - 5:36

La Caresse d'un rêve.


Le vent qui soufflait dans la plaine faisait danser les cheveux de l'homme qui se dressait, immobile, tel un vieil arbre droit et immortel. Le vent, lui aussi, était immortel.

Akira Hajia, fils sacré d'un Empire abandonné, regardait le ciel qui se courbait au lointain, annonçant déjà la fin d'un jour aux odeurs douces. Il avait passé sa journée accroupis sur ce petit rocher à contempler les choses évoluer autour de lui. Beaucoup se seraient ennuyés, à commencer par lui-même! Mais il recherchait une chose, il recherchait une inspiration.

Ses deux Sabres étaient rangés, dans son dos, à leur habitude et ses paupières cachaient toujours la lumière à ses yeux, par la volonté de fer d'un enfant voulant suivre un homme. Il en avait eu assez de regarder son dos, alors il avait fermé ses yeux, pour ne les rouvrir que le jour où il saurait pouvoir regarder ses yeux.

Un oiseau noir traversa le ciel d'est en ouest par delà la plaine. Un frisson de fraîcheur traversa le coeur d'Akira de bas en haut par delà son esprit.


Qu'est ce que...?

Il se redressa, oubliant tout de sa présente médiation et ouvrit les champs de sa perception à toute leur ampleur. Ne voyant pas, il sentait les vies et la lumière. C'est alors qu'une image traversa ses souvenirs, accompagnée d'une odeur, forte et entêtée. Une odeur âcre et violente, qui faisait danser des étoiles dans sa tête. Elle l'assommait presque.

Bientôt, une angoisse terrible s'emparait de tout son être et il voulait fuir, il savait qu'il devait fuir. Des ombres passèrent furtivement dans son coeur et il entendit le bruit humide d'une chose rouillée et dévorante. Une multitude grouillante le menaçait de toute part, il le savait. Qu'attendait-il pour fuir? Sa cage thoracique commençait à se sentir à l'étroit et un mal de tête lui emprisonna les sens, comme un étau terrible à la poigne cruelle. Il savait qu'il n'avait qu'une chose à faire: fuir. Chaque fibre de sa chair lui hurlait de s'enfuir de cette malédiction qui se refermait sur lui.

Akira sentit un de ses genoux heurter le rocher et élancer une vibrante complainte dans ses nerfs. Ce n'était pas la douleur, non, c'était pire que ça. Ce n'était pas la peur, s'en était la fin.

Il porta ses mains à sa gorge et se redressa d'un bond.


Alinéa!

Transpirant, et haletant, il baissa la tête, se força au calme et choisit une position plus confortable. Encore une fois, cette semaine, un de ses rêves de calme et de paix avaient mutés pour se laisser dévorer par ses angoisses sur la vie ou la mort d'Alinéa, défunte... Encore une fois, Akira n'avait pas eu l'ascendant sur ses songes et ils vengeaient le réel...

C'était la mort d'un rêve.
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MessageSujet: Re: L'Envol de ma Plume.   Mar 7 Aoû - 5:37

Dans le Coeur du Funambule.


Quand par delà le monde, on lui demande qui il est, il ne répond pas et pose son regard vers le bas. Oui, il dirige le feu de ses yeux l’homme qui le désire. Des fois même, il s’accroupit et sonde les âmes de son cœur éclairé.

Accroupis sur son fil, d’autres tomberaient alors, mais pas lui.

Quand on essaie de regarder là haut, d’où vient ce fil sur lequel d’ordinaire il marche, il suit votre regard. Et on peut voir que son ténu chemin se perd dans les nuages. Celui-qui-marche-sur-le-fil sourit et se relève. Et il avance encore, ne prenant plus la peine de s’abriter de la pluie, ni de trouver de repos face au soleil ; il marche.

Des hommes lui ont déjà jeté des pierres mais elles étaient trop lourdes. Certains ont construis des machines pour rejoindre son chemin, il s’est rit d’eux avec un œil bienveillant. Et, les mains dans les poches, a tourné le dos pour continuer. Jamais il n’a parlé. Personne ne sait d’où il vient et aucun dieu ne se souvient l’avoir vu naître.

Et pourtant, il est sur son fil là haut, dans le ciel. Et pourtant, il fait sa route sans se soucier d’être accompagné. Un jour le verra descendre de sa marche et prendre l’amour en main pour embrasser, enfin, son humanité. Car cet être est en haut par amour du vent. Parce qu’il aime la paisible violence du vent qui le souffle quand il est en équilibre… sur le fil de sa vie.

Mais, ce que personne n’a vu ni ne sait, c’est comment bat son cœur. Il existe en ce monde des hommes qui l’envient, l’admirant pour son pas calme et son sourire serein. Mais au fond de lui-même, c’est une angoisse terrifiante qui l’étreint, c’est l’incertitude de deviner l’inattendu qui étrangle sa vie.
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MessageSujet: Re: L'Envol de ma Plume.   Mar 7 Aoû - 5:37

Le chant du Cerisier :



Si le but d’un monde est de vivre sans fin. Si celui des étoiles est de mourire sans fin. Si les pas de ma plume peuvent suivre ton chemin. Alors tu as raison. Tu as raison, toi qui scandes partout l’éveil de nos rêves, où se lèvent les fous, eux, innocents sacrés. Mais tu me vois, moi, dans les chambres où ils dorment ? Quand on t’entend parler, petite voix sérieuse, tu fais sourire :

« Tout au long des rizières dansent les brumes bleues. Sur les flancs des collines, chantent les vertes vignes. Un monde que l’on connaît et l’autre que l’on désire, avec ses mystères. Le vin pour l’olive et la figue contre le saké pour sabre et cerisier. Au milieu de ces deux mondes, c’est le vent qui s’engouffre. Un monde plat en bas à la lune en haut, qui sourit patiemment. Et dessus, comme posé sur une galette, le ciel noir incrusté d’étoiles, des petites étoiles.

Et entre les deux, une luciole, un être humain, qui fait le funambule, le sacré funambule, un innocent agile. Et le but de son monde est de marcher sans fin. Il est vraiment agile, et même suicidaire. Il n’a ni perche pour son équilibre, ni orgueil qui puisse le faire espérer à marcher sur le sol. Et sur son fil, il ne peut se retourner ; il avance, encore, toujours, sans cesse. On voit ses yeux et ses joues et le ciel qui pleure sur lui, cachant ses propres sanglots.
»

C’est triste, l’histoire que tu m’as raconté. Et à la fin, je ne souriais plus tant que ça. Peut-être est-il aveugle, ton funambule, pour ne pas avoir peur. Peut-être aussi est-il au courant, après tout… Es-tu au courant, toi ? Mais quoiqu’il en soit, reste là, avec moi, entre ciel et terre, entre deux mondes, entre deux âges…

« Et il rêve… »
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MessageSujet: Re: L'Envol de ma Plume.   Mar 7 Aoû - 5:37

De l'Arbre au Fil...



« Est-ce que vois les flammes, au loin qui mangent l’horizon ? C’est la folie qui a été leur mère à toutes, la folie des hommes, ces êtres sociaux asociaux, comme l’aurait dit un certain. Et tu les vois, les pays qui s’alignent et qui tombent un par un, pour en nourrir les ventres affamés. Tu sens en ton cœur l’angoisse qui crispe tes sens et affole tes yeux? Tu sens, n’est-ce pas, l’odeur du bois brûlé, l’odeur du sang et des terres pillées. Ne nie pas, je vois ton malaise, oui, pleure.

Tu dois pleurer, car chaque sanglot que tu laisseras couler sur tes petites joues est la promesse d’un jour meilleur pour ce monde. Ne ferme pas les yeux, regarde la mère défendre son enfant avant de mourir. Ouvre les yeux, imprègne toi de ces êtres qui se sacrifient pour protéger ceux qui leurs sont chers. Si, ouvre tes yeux. Ne fais pas l’aveugle et regarde, car si toi tu ne te souviens pas d’eux, qui donc le fera ? Seront-ils morts en vain ? Ton cœur sera la pierre où tous ces gestes d’amour désespérés seront gravés. A jamais.

Oh ! Je vois tes mains se crisper sur tes Sabres ! Ah ah ! Ne me fais pas rire, petit Samurai ! Bien sûr, tu pourrais essayer d’aller te battre, oui, tu pourrais t’engager à corps perdu dans cette mêlée, dans le sang. Mais ce n’est pas tant le goût du sang sur tes lèvres qui t’écoeurera de toi-même, non. Dans un combat où deux êtres jouent leurs vies et où la seule sanction est la mort, il n’existe plus justice ni morale. Il n’existe qu’une tension, présente et puissante, à tel point forte que certains se sont laissés tués, vaincus par eux même. Ah ! Tu me trouves lâche, n’est-ce pas ?
»

« Je te trouve bavard, la Luciole. Oui, tu n’es qu’un lâche, alors que certains admirent ton silence discret et rêveur, certains voudraient te suivre par delà les nuages, à marcher sur ton fil… Moi, tu me dégoûtes. »

« Ah ah ! Mais tu es un idéaliste ! Moi je me contente juste de rêver et de vivre, de me souvenir. Je t’interdis de me traiter de lâche, petit Samurai. Car imagine toi que tu réussisses à sauver les gamins, là bas qui se font battre et tuer. Non, ne détourne pas les yeux, observe les, soit courageux, un peu ! Ah ah, qui est lâche ? »

« Tais-toi, le Funambule, je te déteste. »

« Non, je veux continuer à te dire ce que je suis et ce que tu es. Tu feins d’être aveugle car ce monde t’effraie par sa cruauté, voilà la vérité. Je le vois bien, là, tu bouillonnes. Mais imagine que tu réussisses à sauver le dernier enfant vivant, là. Il te suivrait partout après, et tu ne serais plus libre, tu serais encombré et tu rencontrerais rapidement de nouvelles flammes à combattre. Combien de temps penses tu vivre ainsi, en survivant un peu moins chaque jour ? »

« Très longtemps, parce que je protégerais alors quelqu’un qui m’est cher. »

« Tu n’es qu’un grand enfant, petit Samurai. Crois-tu que les flammes dont je parle ne sont que des brutes sans cœur ? Crois-tu qu’elles fassent ça par simple plaisir de massacrer des enfants ? Apprends que par delà ce monde, il n’existe pas de blancs et de noirs, il n’existe pas de gentils, ni de méchants. Mais écoutes mon conseil, si tu veux le savoir. As-tu une terre où t’arrêter ? »

« Comme tu le vois, toi qui me parles d’un fil, je n’ai que mon cerisier. »

« Oh ! Je te sens cynique, petit Samurai. Et bien, protège ton cerisier et accepte d’y accueillir tous ceux qui auront besoin d’un endroit pour vivre, d’une ombre pour se protéger des étoiles de la violence. Ton cerisier est grand, il est bon, il a des racines puissantes et des bourgeons nombreux, il est aussi vieux qu’un tigre blanc. Plus même, peut-être. Fais de ton cœur une clairière dans la forêt du massacre et permets à tous les orphelins, les veuves, les blessés et autres de venir se reposer dans ta clairière.

Et le soir, autour d’un feu fait d’espoir et de paix, tu leur racontera à tous, toujours plus nombreux, les derniers instants de tous ceux que tu as regardé mourir parce qu’ils voulaient défendre ceux qu’ils aiment par delà la mort. Certains de ceux là seront peut-être leurs enfants, où des amis qui ne le savaient pas.

Et alors tu seras plus fort que ces héros utopiques qui s’en vont mourir par milliers pour défendre un seul enfant ou une seule maison. Et les noms de ceux dont tu auras fait des héros se transmettront et le courage renaîtra, grâce à toi. Et ta terre sera asile de paix.
»

« Non, on viendra mettre le feu à mon cerisier et il regrettera ces aires de paix où sa splendeur rose argentée recouvrait le monde au moment des soleils levants. J’ai juré de ne sortir mes sabres que pour la fin de ce monde, tu entends ? »

« Oui, jeune Samurai aveugle, oui j’entends. As-tu déjà vu ton cerisier avant aujourd’hui ? »

« Non, je n’avais jamais ouvert les yeux avant que tu viennes de ton maudit fil. Mais j’ai déjà eu la vision de ces flammes horribles, et je ne les veux pas. »

« Mais tu ne sais pas ce que tu veux… »

« Laisse moi parler juste un peu, Funambule. Je sais que nous devons tous mourir, même toi – ne ris pas. Et je veux choisir l’endroit et le sens de ma mort. Tu as raison : je n’ai jamais dirigé mes sabres pour tuer, mais j’ai déjà énormément blessé, par maladresse ou colère. Oui, ça m’arrive d’être en colère. Alors imagine un peu, fier danseur aux paroles si sages, si je voulais tuer ? »

« Tu ne comprends pas... »

« Je comprends parfaitement, aussi sûr que j’aime la caresse du vent. Et je comprends que je vis pour être telle une flamme : éblouissante mais éphémère. On se souviendra de moi, on chantera ma course sur le champ de bataille..
Je ne veux pas être le tombeau de tous ces gens, à la mémoire fantastique, je refuse !
»

« Ah ah ! Mais regarde toi, tu n’es pas une flamme, regarde toi sur ton arbre ! Tu es une fleur de cerisier, et je te nommerais maintenant Sakurabana. Mais quoique tu veuilles, petite Sakura, quand l’arbre fatigué et le vent joueur te feront tomber, tu viendras, doucement, en tourbillonnant peut être, te poser sur la pierre et orner ce tombeau. »

« Tu ne peux me comprendre, toi qui n’a aucune attache. Va-t’en, la luciole, pars d’ici, continue ton chemin de lâche. »

« Je m’en vais, Samurai. Mais nous allons être obligés de nous croiser de nouveau, quand il ne restera que ton cerisier comme lieu indemne des flammes. Dommage, je t’aime beaucoup et la discussion est agréable. Mais je t’ai fais du chagrin ? »

« Va-t’en ! »

« Bah, tu as raison, petit frère, pleure en hommage à tous ceux qui sont morts, pleure pour tous ceux qui ne savent plus le faire mais qui en auraient besoin… Mais n’oublie pas : on peut triompher sans combattre… On peut triompher en immortalisant les combats des autres… Demandes toi plutôt pourquoi je marche tout le temps, imagines ce que renfermes on cœur, comme un tombeau d’amour… »

« Va-t’en ! »

« Oh, ton cerisier t’enlace de ses pétales, comme s’il avait des voiles de pétales roses et argents… C’est magnifique. Peut-être pourrais-je même t’envier, Sakurabana… »

« Si tu ne veux pas que je t’interdise de rester à ton prochain passage, pars, la luciole… »

« Soit, je m’en vais… Mais le temps nous est compté, Au revoir… »

Et le Funambule regarda une dernière fois le Samurai qui pleurait, on aurait dit un enfant. De ces deux êtres allait dépendre le destin de ces terres, qu’en feraient-ils ?
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MessageSujet: Re: L'Envol de ma Plume.   Mar 7 Aoû - 5:38

Premier coup de Sabre.



Au loin, il faisait jour et derrière la nuit s’avançait déjà. Ou reculait-elle ? L’homme ne saurait dire, cela faisait longtemps qu’il avait délaissé le compte des heures et que la logique du monde lui avait prouvé être cruelle, cruelle et vagabonde.

Il courait à moitié, luttant pour ne pas trébucher sur les petits cailloux, pour maintenir son œil droit ouvert, essayant d’arriver sous l’ombre apaisante des falaises, là bas. Il voulait se pelotonner, comme quand il était enfant, au creux de sa mère. Mais il devait courir pour cela, il le devait, lui qui n’était qu’un homme.

Sa tête le pesait et en elle, les mêmes images se répétaient. L’arrivé de ce Samurai, seul et aveugle, la curiosité du village et l’attention qui lui avait été portée. Ils avaient tous été fascinés par le port princier du guerrier, par l’aura de calme et de sérénité qu’il dégageait. Ils n’avaient pas compris pourquoi il s’était mis à pleurer. Ils n’avaient rien compris.

Il s’arrêta quelques secondes pour porter la main à sa gorge et se permettre de respirer. Le massage que sa main appliqua à son cou lui fit du bien mais il regretta immédiatement son geste. Son sang, collant et visqueux, lui tenait chaud et l’étouffait maintenant. Il tenta de s’essuyer nerveusement avec un pan de son vêtement puis délaissa l’entreprise pour repartir. Il savait qu’il devait repartir, il sentait qu’il le fallait.


Courait-il depuis trois heures, quatre ou huit ? Il ne le savait pas lui-même mais il voyait que les falaises devenaient de plus en plus larges, de plus en plus hautes et de plus en plus fraîches. Il allait arriver. Pourquoi s’était-il sentit appelé par elles, pourquoi une certitude inébranlable lui disait que là était son salut ? Bientôt, il s’arrêtait de boiter misérablement et pouvait ralentir son rythme : l’ombre des falaises l’avait enfin enveloppé. Et là, il le vit. Lui. Assis sur les falaises, les jambes qui pendaient dans le vide. Il avait les yeux levés sur lui, tout là haut, il voyait malgré le sang épais qui coulait depuis sa tête. Mais la voix semblait proche :


« Salut. Allez, repose toi, je veille sur toi. »

L’être semblait aérien, il semblait être le calme et la sérénité incarnés, un sourire bienveillant et sûr scellait ses lèvres. Il avait les coudes appuyés sur ses genoux, le buste penché vers le bas et les mains pendantes dans le vide. Comme s’il regardait une fourmis au seuil de sa fourmilière. L’homme sentit toute sa tension retomber. Et il s’effondra sur le sol, endormis.

D’autres hommes, quelques femmes et beaucoup d’enfants vinrent pour le ramener plus près encore de la paroi de la falaise, plus au cœur de l’ombre. Ils firent un signe de main à l’être perché là haut. Il se releva, une main dans une poche, et sauta en bas. La rencontre de ses pieds avec le sol ne fit presque aucun bruit, comme lors du saut d’un chat, feutré et souple.

Il s’avança hors de l’ombre, le même sourire sur le visage et la même main dans sa poche. Il portait un pantalon de toile arrivant à peine au dessus des tibias, de couleur beige. Son torse était recouvert d’une veste sans manche de même facture, mais rouge avec un petit dessin représentant un nuage sur le côté droit. Nul bouton ne fermait cette veste directement à même la peau. Les cheveux courts et bruns contrastaient avec la peau très blanche.


« C’était ma proie. Ne t’opposes pas à moi. »

L’autre était apparu brutalement, à quelques mètres du premier être. Ils semblaient de la même lignée, intemporels, impalpables et pourtant débordant de force et de certitude. Le premier avait maintenant un sabre dans la main droite, l’autre toujours dans sa poche.

« Aucune envie de me battre contre toi. »

« Alors rends le moi, il est à moi. »

Le protecteur se retourna à demi :

« Non, je ne crois pas.

« Ne m’oblige pas à sortir mes sabres. »

« Je ne t’oblige à rien, nous avons déjà eu cette discussion. Nous ne faisons que les choix que nous sommes aptes à comprendre. »

« Très bien. Tu ne me laisses pas le choix. »

Un raclement lent et strident accompagna le dégagement des deux sabres du second, du Samurai. Il se mit en position et attendit. L’autre ne bougea même pas, ni ne cilla. Le sourire toujours aux lèvres, flottant tel un drapeau de calme dans la brise précédant une tempête. Il dit doucement :

« Ainsi soit-il… »

Le feu, la terre, le fer, le vent et l’océan, rien n’avait plus de logique… Un jour, il avait été prévu, le monde s’enfoncerait dans la folie dévorante de l’humanité… Alors descendront sur ce monde les deux Gardiens… Celui de la Nature… Et celui de l’Être Humain…
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MessageSujet: Re: L'Envol de ma Plume.   Mar 7 Aoû - 5:38

Second Coup de Sabre.




La nuit était fraîche et les étoiles étaient claires, on pouvait aisément voir la voie lactée qui traçait son domaine calme dans le ciel noir. Les hommes, les femmes et leurs enfants avaient construits des abris en bois et en larges feuilles mais ils étaient tous regroupées au bord de la falaise et dormaient « au clair de Lune ». En effet, quelques dizaines de mètre plus haut, Tsukiyo les surveillait. Accroupis, les coudes sur les genoux, les mains pendantes, il n’avait pas bougé depuis qu’il s’était battu avec le Samurai. On aurait dit une statue.


Les êtres humains lui jetaient des regards furtifs, inquiets. Il n’avait pas pu tuer le Samurai alors qu’il l’avait repoussé et dominé. Quelque chose l’en avait empêcher. Un sentiment en lui, sûrement, car rien ne s’était mis entre eux. Mais il n’avait pu abaisser son bras. Et le Samurai, ivre de rage, avait reculé comme un serpent recule dans sa tanière, en sifflant et crachant, le visage déformé par la colère. Depuis, les miraculés ne parlaient qu’en chuchotant, de peur de rappeler à eux le fracas de ce combat.


Ils avaient observé toute la bataille, elle avait duré plusieurs heures avant que l’un des deux ne s’affaisse. Leurs forces étaient titanesques. Etaient-ils des Dieux ? Ils le croyaient. Certains murmuraient même que c’étaient le Bien et le Mal qui étaient descendus sur cette Terre pour la condamner à ce que les hommes en avaient fait. Mais que Dieu avait envoyé la Miséricorde sur leur chemin, pour les protéger.


Mais personne n’y croyait complètement. Car si c’était cela, le Samurai aurait été foudroyé, Dieu ne perdrait pas de temps dans des épreuves ou des combats, des morts et des pleurs. D’autres osaient encore dire que Dieu était mort et que d’autres forces se manifestaient et se battaient pour le remplacer. Et Tsukiyo, là haut, ne bougeait pas, ne les regardait pas.


Ils voyaient la lumière calme, douce et discrète de ses iris, comme ceux d’un chat qui seraient pris par la lumière de la lune. Mais ils restaient ouverts. Si l’être avait été sur un fil, on aurait pu dire deux étoiles fantomatiques et minuscules. Ils savaient plus que ne voyaient la blessure qui ornait son buste, à l’endroit du cœur. Oui, le Samurai lui avait planté un de ses sabres en pleine poitrine mais l’être s’était dégagé, emprisonnant la lame et la jetant derrière lui.


«
Maman, où est Papa ?»


Cela faisait longtemps qu’aucune voix haute, qu’aucune voix claire d’enfant ne s’était levée sous la falaise. Et peut être même sur ce monde. Tous les regards s’étaient tournés vers la bouche qui avait posé cette question. Un jeune garçon, un garçonnet, petit et mince, brun, avec de grands cils et une bouche sensuelle. Un air malin teintait son regard mais la tristesse voûtait sa posture. La femme sur les genoux de laquelle il avait posé sa tête répondit par un mouvement de tête, avouant son ignorance et sa propre inquiétude.



« Ton papa est forcément quelque part, tu ne crois pas ? »


Personne n’avait fait attention, concentrés sur l’enfant qu’ils avaient tous été. Mais l’être qui s’était présenté à eux sous le nom de Tsukiyo avant d’aller se percher sur la falaise et après avoir repoussé le Samurai était debout, près d’eux. Le garçon se redressa sur son séant et sourit en hochant la tête :


« Mon père est fort. Il m’a toujours protégé. Il s’est toujours battu pour ses enfants. »


L’être soupira et s’assit à côté d’eux, les genoux dans les bras. Il soupira :


« Quel serait ce Père que celui qui ne le ferait pas ? »


Les enfants commencèrent à se réunir autour de Tsukiyo, les adultes aussi, mais plus imperceptiblement, avec plus de dignité, avec moins de courage. Parce que les adultes réfléchissaient. Les enfants, non. Ceux-là ne faisaient que ressentir.


« Je ne sais pas moi-même qui est quoi… Je comprends vos peines… Comment t’appelles-tu ? »


Le regard de l’enfant se fit grave. Il s’approcha et posa sa main près d’un pied de l’être. Il lui répondit :


« Je m’appelle Alendil, ici. »


Tsukiyo haussa un sourcil et acquiesça, comme pour accepter le partage de la révélation. Il saurait qu’un jour, il devrait demander à cet enfant comment il s’appelait ailleurs, dans un monde de Paix et de quiétude, où le père serait au côté de ce garçon si fragile, et où la mère ne serait plus. Mais il le sentit et se retourna.


Derrière lui, le Samurai se tenait, auréolé de flammes bleues, accompagné d’une créature blanche et transparente. Un fantôme. Il déclara :



« Tu ne peux vaincre ta propre négation. Je sais ce que tu es, maintenant. »


Tsukiyo soupira et sortir son Sabre avant de répondre :


« Hey, de quoi parles-tu ? Je ne sais pas moi-même ce que nous sommes. Arrête de t’acharner sur cette falaise et retire toi. Le monde est plein d’endroit à détruire. »


Le visage jadis enfantin et serein du Samurai n’était plus. Il était devenu un démon monstrueux au front plissé et à la bouche tordue, haineuse. Il faisait peur à voir et à combattre. Il ne répondit pas et se projeta sur Tsukiyo qui arrêta les lames de la sienne, faisant un bond sur le côté…
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MessageSujet: Re: L'Envol de ma Plume.   Mar 7 Aoû - 5:38

Les Vallées de la Vie.


Pourquoi je suis là, qu’est ce qui fait que mes parents m’ont fait ?


Il est un arbre au milieu de la plaine et il arbore ses fleurs avec une fierté et le superbe propre aux choses naturelles. Il est une tâche de pétales roses au milieu des tiges vertes et jaunes et c’est un peu de magie au cœur du tendre. Il est un soleil dans le ciel, du jaune dans du bleu où des oiseaux évoluent paisiblement.

Et ce monde est une vallée, au milieu des montagnes, comme il en existe des centaines. Un garçon y marche, il doit avoir presque vingt ans, ou en tout cas par là.



**



Tsukiyo était blessé, le fantôme avait permis au Samurai de l’attaquer de l’intérieur. Il avait réussi à les repousser mais il savait que ça a avait été son dernier combat, son ultime action pour défendre ce ramassis d’humanité perdue. Il serait comme eux désormais : inutile et sensible. Ils l’avaient aidé à panser ses plaies et il était maintenant assis le dos contre la falaise, un peu loin du feu autour duquel ils formaient tous un rond.

Un d’entre eux était resté près de lui. L’enfant de la veille, qui était devenu l’adolescent d’aujourd’hui. Ses yeux étaient brillants et il les gardait fixés sur l’être. Celui-ci faisait mine de l’ignorer et gardait la tête renversée en arrière, regardant le plafond étoilé que la falaise coupait avec franchise. Il lança :


« Les étoiles sont tellement belles… Tu aimes la nuit ? »

Il avait envie de parler, il avait envie de quelque chose… Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas eu d’envie simple… En avait-il jamais eu ? La peur, l’inquiétude et la nostalgie s’imposaient à son esprit. Il aimait le temps où il ne touchait pas le sol et où il était le Gardien des Tombeaux, quand son cœur était le réceptacle des mémoires, des passions… L’adolescent n’avait toujours pas répondu, alors Tsukiyo abaissa son regard lumineux vers lui.

« Tu me regardes avec des yeux avides. Tu es amusant pour un être humain, Alendil. Surprenant. Tu as fait le Serment, n’est-ce pas ? »

Le jeune homme hocha doucement la tête, offrant par là son approbation. S’il avait été un félin il aurait ronronné du compliment de supériorité. Alendil adorait être reconnu comme différent par un être supérieur. Mais celui-ci ajouta :

« Pourquoi restes-tu avec moi ? Il n’y a rien à gagner de ma déchéance. Je ne pourrais plus les repousser et ils reviendront. Je vous l’ai déjà dis, fuyez et trouvez un nouvel asile, je ne suis pas le seul Gardien à être là pour vous. »

L’adolescent se leva pour s’approcher et s’asseoir en tailleur aux côtés de Tsukiyo. Il haussa les épaules avant de demander :

« Pourquoi est-ce que vous vous battez pour nous ? N’avez-vous donc rien d’autre à protéger, comme vous-même, par exemple ? Je ne comprends pas… »

L’être sourit et ses yeux redevinrent deux petites étoiles de gaieté, scintillantes comme celles d’en haut. Il croisa les bras sur sa poitrine et se massa doucement les épaules, pour se réchauffer. Il tremblait de froid.

« Tu sais, quand on est haut, quand on domine et que l’on est le Prince d’un endroit, on aime protéger des choses aussi éphémères que des vies humaines. La vie réussie n’est pas celle qui domine et détruit mais celle attentive à la beauté des choses simples. Avant de dominer le monde, il nous faut apprendre à préserver les choses qui sont importantes pour nous… »

Alendil eut un rire méprisant, moqueur. Il secoua la tête et se renversa en arrière, les paumes sur le sol, dans son dos, comme si les paroles de Tsukiyo ne méritaient que la célébration d’un trait d’humour.

« Et quand ils vont revenir, tu vas leur offrir un petit poème ? Ah ! Que tu es drôle ! »

« Tu n’auras qu’à te battre à ma place puisque tu penses que la force est la seule chose qui compte en ce monde, en cette vallée là… Tu es originaire de l’Aude, non ? »

Le rire de l’adolescent cessa et un nuage d’agacement et de colère passa sur son regard. Il devînt immédiatement plus tendu à cette question et sa posture se raidit. Il hocha sèchement la tête, se demandant ce qu’il y avait derrière cette question. Mais Tsukiyo dit avec une sorte de sourire :

« C’est donc un jeune homme qui a pour tradition de s’enfermer derrière des murailles qui se moque de mon dégoût à combattre ? »

Alendil se leva, comme un ressort. Sa colère irradiait de lui, comme s’il avait en effet été plus qu’un humain et moins qu’un homme. Il se pencha et approcha son visage à quelques centimètres de celui de Tsukiyo :

« Tu as beau être capable de réduire une montagne en un claquement de doigts, fais attention à ce que tu dis ou je me souviendrais de toi. »

Tsukiyo partit d’un grand rire et repoussa doucement le jeune homme. Ils savaient pertinemment tous les deux que, même blessé, l’être écraserait le jeune homme avec une seule main. Mais il était quand même surpris du courage et de l’insolence d’Alendil, et il se mit à porter d’étranges espoirs sur la révélation de son nom dans une autre vallée…
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MessageSujet: Re: L'Envol de ma Plume.   Mar 7 Aoû - 5:39

Le Flambeau ne s’éteint jamais.



Alendil était accroupi sur une sorte de petit rocher, aux pieds de la falaise, celle là qui coupait le ciel et masquait l’horizon. Il avait hâte de partir, et de quitter ce cul de sac par lequel ils guettaient constamment l’endroit d'où ils étaient arrivés. Il était las de regarder derrière lui en craignant de voir surgir le Samurai, ou pire, le fantôme. Il avait prévenu tout le monde qu’ils s’en iraient, et que plus personne ne les protégeait maintenant. En effet, la veille, Tsukiyo l’avait appelé à lui.

« Je vais devoir vous laisser, petit… »

Alendil était resté silencieux, accroupi à côté de l’être qui se vidait lentement de son sang, perdait sa substance la plus précieuse, celle qui faisait courir la vie en lui. Les plaies béantes étaient autant de ratures sur un poème blessé. Le guerrier ajouta :

« C’est bientôt ton tour… C’est toi qui va devoir… qui va devoir les protéger… maintenant… »

Alendil fronça les sourcils et concentra toute son attention sur l’agonisant. Il demanda :

« Moi ? Mais avec quelle force ? Je ne tiendrais pas dix secondes si le Samurai m’attaquait… »

Tsukiyo lui sourit et posa sa main sur sa poitrine, avant de murmurer :

« Ton cœur… Ton cœur bat… Tu es un humain… »

L’adolescent eut envie de répondre que le sens de l’observation était une bonne chose mais qu’ils n’avaient pas le temps de plaisanter. Il se tut cependant et secoua l’être par les épaules, afin qu’il rouvre les yeux.

« Hé ! Réveille toi, reste là ! Comment je fais pour le battre, comment je fais ? Je dois fuir ? Aide moi ! Eclaire moi, Luciole ! »

L’autre n’ouvrit pas les yeux mais un faible sourire illumina son visage :

« Je serais... toujours... près de toi... Plus que tu... plus que... ne le penses... Et... tellement moins... »

Alendil avait les larmes aux yeux, mais il ne pleura pas. Il savait que l’être venait de quitter son monde, pour s’en aller vers d’autres vallées. Il resta auprès du corps un long moment, comme en prière, prostré et les pensées errant comme des algues sur une marrée. Il se sentait bercé par le monde, protégé par la lune…

A présent qu’il avait ordonné à tous de se préparer au départ, il n’en savait pas plus et ne comprenait pas ce qu’avait voulu dire Tsukiyo. Ils avaient brûlé son corps afin que son esprit devienne un esprit de feu et qu’Alendil puisse compter sur sa présence en cas de danger. Maintenant, l’aube pointait son nez rosé et ils étaient prêts à partir. Ils avaient obéi à l’adolescent car celui-ci avait bénéficié de l’attention et du contact de l’être qui les avait sauvé, Celui-qui-marche-sur-un-fil avait désigné son héritier, à leurs yeux.

Ils marchèrent toute la journée, Alendil restait dans le groupe de fin et protégeait l’arrière du groupe, jetant régulièrement des regards vers l’endroit d’où ils venaient. Le Samurai n’avait pas attaqué périodiquement et ils ne savaient à quel moment il les prendrait en chasse. Il n’était que colère, il n’était que violence et mépris. Alendil le comprenait si bien… Mais il devait protéger ces gens qui avaient fui avec lui. Il n’avait pas le choix : ils lui faisaient confiance, aveuglément confiance.

Ils établirent un camp sous le couvert de quelques arbres, afin que la rumeur des feux soit quelque peu étouffée par le vent dans les branches. Alendil s’était hissé sur une des plus hautes branches et contemplait tous les horizons en respirant à plein poumon. D’ici, il voyait totalement tous les horizons et le plafond étoilé ne pouvait se dérober à sa vue. Il savait d’où il venait et il voyait où il pouvait aller, où ils pouvaient emmener les gens qui comptaient sur lui.

C’est de cette nuit-là qu’Alendil aima s’asseoir sur une branche pour regarder le monde tourner et ses proches vivre. Ils étaient en dessous de lui et mangeaient. L’une d’elles grimpa tant bien que mal pour lui donner un poisson grillé et des racines bouillies.


« Tiens Alen’, il faut que tu manges. »

« Merci mais je n’ai pas faim. »

« Si tu ne te nourris pas, je vais te nourrir de force, petit frère. »


Alendil la regarda, incrédule avant d’accepter le repas avec un sourire. Quelque part, en lui, Tsukiyo venait d’ébranler une partie de son âme. Il avait un cœur ? Oui. Il était humain. Il avait des gens qu’il protégeait et… qui le protégeaient de lui-même, étaient attentifs à lui. Il commença à comprendre les derniers mots de cet être étrange. Être humain signifiait avoir des faiblesses… Mais aussi et surtout, ne pas être seul…
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MessageSujet: Re: L'Envol de ma Plume.   Mar 7 Aoû - 5:39

Le Château d'Alendil




Les nuages filaient sur les flancs de la montagne comme s’il s’était agit d’un vieux volcan au souffle suspendu, aux chaleurs imprévisibles et à la violence divine. Des peuples qui avaient jadis cultivé les contrebas de la vallée en avaient décidé que là s’étaient trouvés les trônes de quelques dieux capricieux aux foudres loquaces. Et ces croyances avaient laissé de vieilles tourelles de sacrifice, telles des sentinelles, sur les plus basses crêtes de la chaîne rocheuse.

Dans la vallée que fermait le monstre naturel, un plateau étendait des verdures et un lac, œil rond du ciel au milieu de la terre. Les eaux étaient surmontées d’une falaise en leur nord, et un château aux pierres noires était royalement installé sur ce pic étrange, comme si… comme si quelque chose n’était pas normal.

Nul soldat ne faisait nulle ronde sur nul rempart. Nul étendard ne flottait au vent frais qui tournoyait en esprit libre. Mais les feux animaient les cheminées et les écuries débordaient de hennissements, les cuisines de bruits de vaisselles et les cours de jeux d’enfants. La vie, la vie semblait déborder de cette forteresse peinte de deuil, dans cet endroit morne et maudit.

Un homme entra dans la salle du trône, il ne portait aucune arme et était vêtu de cuirs travaillés à sa main, maladresse et volonté s’étaient liées pour le couvrir face au froid. Et leur entreprise avait plutôt réussi, même si l’allure en était cocasse et le garçon amusant. Il arriva devant le trône et s’y inclina, un genou au sol. Celui-ci était vêtu d’ombres et on ne voyait que la cime du très fin dossier dépasser quelques mètres au dessus d’un être assis.


« Seigneur, nous l’avons vu. »

L’homme attendit un moment qu’une réponse vînt. Il attendit même un long moment avant qu’un bruit de métal ne se produise. Puis un bruit de liquide versé. L’homme à qui il s’adressait venait de se servir un verre d’une boisson à l’odeur forte et entêtée. Le mumure sonna doucement à ses oreilles :

« Soyons fous… Aimons… la vie…
Soyons, hé… soyons saoûls, dansez, l’ami !
Je suis loup, vive vos nuits…
Amen, poète… Ouais, Amen… »


Alendil eut un petit rire et se leva, sortant de l’ombre. Son regard était glacial et un sourire désabusé courait sur ses lèvres. Il était vêtu d’une cape en fourrure et une armure d’acier couvrait son corps. A son côté gauche pendait une épée longue, de celles que porteraient des chevaliers. Il ne semblait nullement gêné par le poids de sa tenue et se mouvait avec une grâce et une insolence qui faisaient son charisme. Ses yeux brillaient, scintillaient, et peu se souvenaient du dernier être qu’ils avaient pu contempler semblable à Alendil, au Seigneur Alendil qui veillait sur eux. Il se retourna vers le trône, balançant sa tête nue en arrière :

« Où ? Quand ? »

« Il y a deux heures, à l’entrée du plateau. Ils ont vu l’homme que vous recherchez, il était entouré de violence, de carnage et de mépris. Nous avons fait entrer tous les gens, enfants, femmes ou hommes dans les souterrains secrets. Il ne reste en surface plus que vous et moi, Seigneur. »

« Très bien. Rejoins-les. Je vais l’attendre. Ferme derrière toi. »

L’homme hocha la tête, se releva et sortit de la salle en fermant la porte, comme il lui avait été demandé. Alendil s’assit sur son trône, et se versa un autre verre de cet alcool fort en attendant. Il murmura à voix haute, prenant l’écho des grandes voûtes vides à témoin :

« Et voilà que s’avance, naguère vêtu de flamme
Le destin, sa souffrance, ses guerres et ses femmes… »


Il acheva son vers dans un soupire et vida son verre d’une ample gorgée. Il posa l’objet sur la petite table qui tenait lieu de reposoir et se renversa au fond de son trône :

« Nous avons combattu, espéré et osé,
Prétendu à tes rangs, écrasé des fiertés… »


Un autre soupir vînt se faire le meurtrier de ce poème naissant. Il inspira doucement en fermant les yeux, comme pour sentir l’odeur de l’air, frais et humide, mais propre et agréable. Il était chez lui, là où il protégeait ceux qu’il aimait…

« Je sais que je vais le repousser ce soir… Mais pour combien de temps encore ? Nous nous enfermons dans des murailles, nous murons nos rêves, muselons nos rires et espérons l’avenir ? »

D’un geste de colère inattendu il projeta son gobelet au sol, lequel brisa net le verre fragile encerclé de métal. La plainte cristalline se répercuta longtemps sur les arcades de pierre. La dureté des dalles avait brisé le verre et la tristesse de la plainte brisait le cœur de pierre… Alendil était complètement absorbé par ses pensées noires lorsque la porte vola littéralement en éclats. Il ne se retourna pas.

« Où sont-ils ? »

« Qui cherches-tu, étranger qui foule mes terres et brise mes portes ? »

Le Samurai eut un rire dédaigneux et avança de quelques pas, ne pouvant toujours qu’observer un dos poilu, une cape en fourrure.

« Il n’est rien sur cette terre qui ne m’appartienne, et je ne sais pas qui tu es mais tu ferais mieux de me donner ce que je demande. Les humains sont faibles, les humains sont tendres et tu ne feras pas le poids si nous devions nous affronter. »

Il salua le dos avant d’ajouter :

« Allez, dis moi où sont les gens dont les traces tendent à prouver qu’ils sont ici, et j’épargnerais ton misérable domaine d’humain… »

Le Samurai dût son salut à un bond prodigieux en arrière, instinctivement accompagné d’un dégagement rapide de ses deux armes. Un seul bruit de choix, un conflit entre les lames, retentit dans l’endroit. Le Samurai fronça les sourcils au dessus de ses yeux clos. Alendil s’était retourné en sortant son épée et avait accompagné sa rotation d’un mouvement circulaire d’épée, qui aurait tranché l’adversaire en deux au niveau de la ceinture.

« Qui es-tu donc ? Sacrilège, tu n’es pas la Luciole ! Mais tu as notre regard… Tu as notre force… Comment un… humain peut-il avoir notre force ? »

Alendil eut un sourire mauvais en s’avançant sur lui, l’épée prise à deux mains :

« Et je ne suis pas le dernier, je n’ai pas encore assez d’humanité… »

Et le fracas des armes se fit le chœur de la nuit, recouvrant le bruit de la foudre, l’odeur de l’air et la caresse du vent…
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MessageSujet: Re: L'Envol de ma Plume.   Mar 7 Aoû - 5:39

Foudres et Peines




La carafe vola en éclat, le bruit strident du raclement du métal sur la pierre fut le témoin de la chute du plateau. Quelques fruits rebondirent mollement. L’homme se recula, effrayé, on lisait terreur et admiration, mêlés dans ses yeux. Alendil gronda :

« Emmenez le. Tuez le, il ne vaut rien. »

Aucune colère ne faisait trembler le ton du guerrier. Et ses yeux crachaient des flammes bleues depuis l’ombre du trône. La voix était froide et détachée. Il ricana :

« Ca vous apprendra, tous ! Alors comme ça vous voulez que je m’en aille ! Bande d’incapables ! »

L’homme était en larmes silencieuses, couché sur le sol. Deux soldats s’étaient postés de part et d’autre de ses épaules. Il osa parler, murmurer, sangloter :

« Seigneur… Je n’en pense rien, je voulais juste vous apporter de quoi manger… Pitié, Seigneur, je vous aime… »

Alendil eut un mouvement de tête et se leva, fier et impérial, le regard haut, se déplaçant avec grâce. Il sortit de l’ombre et avança avec une lenteur calculée devant l’homme qui gisait, écartelé par l’incompréhension quant à son châtiment.

Le Prince poussa l’épaule de l’homme du pied et ricana :


« Ah oui ? Tu m’aimes ? Et c’est comme ça que tu me le montres ? »

L’homme osa relever des yeux luisants de larmes sur son Maître, sur son Empereur :

« Oui… Et je ne voulais que vous rafraîchir… »

Alendil s’accroupit et porta son regard au niveau de l’autre. Il resta là, quelques instants, un sourire grimaçant et dédaigneux sur les lèvres, un sourcil froncé. Après un instant de silence, il gifla à toutes volées le pauvre homme. Après quoi il se releva et rit.

« Puisque tu m’aimes, je vais t’apprendre à me détester. »

Il regagna son trône et ordonna aux gardes de l’emmener. Puis il se plongea dans de sombres pensées. La Dynastie de Dalendil était entrain de gagner en taille, ses armées faisaient des ravages que même le Samurai n’aurait su égaler. Car, petit à petit, toutes les petites communautés d’humains se rassemblaient sous le phi argenté sur fond noir de la Dynastie et Alendil prenait de plus en plus conscience de son pouvoir.

Il avait appris à apprécier de convoquer d’un claquement de doigts des gens qu’il avait mis à des places importantes, de provoquer leur exaspération et de les humilier par une colère monstrueuse, noire, et aux décisions sans appel. Alendil aimait cette vengeance qu’il prenait sur ce monde minable, jonché d’avarices, de hontes, de guerres et de frustrations. Un de ses Grands Généraux entra dans la salle, en tenue de combat, suivi d’une centaine de Gardes. Alendil ne bougea pas.


« S’en est fini de ce règne stupide et inutile. Tu nous as appris à nous battre, nous pourrons désormais établir des dirigeants choisis. Le temps des guerres est terminé, voici venu celui de reconstruire le monde ! »

Dans l’ombre, sur son trône, Alendil ne broncha pas. Les deux prunelles n’avaient pas bougé, n’avaient pas été amoindries, l’être n’avait pas cillé. Le Grand Général s’approcha de quelques pas, sans pour autant sortir ni arme ni écu. Il gardait détermination et force dans son propre regard. Il ajouta, presque à regret :

« Nous te le demandons… Mais nous sommes prêts à te l’imposer…Soit le sage que nous rêvons tous que tu sois et aide nous… »

Alendil eut un chuchotement, tout se figea. Les gens, le vent, la pluie dehors, le temps même, toutes ces choses et ces êtres se penchèrent sur le bruit que faisait l’être et tentaient d’en percevoir le sens, avant même d’en connaître le son…

« Il est une vallée, pour laquelle j’aime…
Il est un ruisseau, coule comme une veine…
Il est un monde qui se tue et se saigne…
Nous serons ce Gardien qui récolte et sème…
»


Tous reculèrent, ils ne comprenaient pas, ils ne comprenaient plus. Pourquoi disait-il « nous » ? Le chef des armées fit preuve d’un courage sorti du fond des âges, de la race des hommes qui se battent par pur altruisme, par pure conscience.

« Alendil ! Quitte ce trône et rejoins-nous ! Nous ferons de toi un ami et non plus un dieu ! Alendil ! Entends ma voix et sors des ténèbres de ton esprit ! Ta soif d’orgueil et de domination te transforme ! Tu es pire que le Samurai aujourd’hui ! Car tu sais où nous sommes et tu as notre confiance… »

Le vent fit exploser les colonnes et les Soldats virent les pierres se projeter au ralenti. La fin de tout venait sur eux. La foudre brisait leurs tympans, le toit en roche se fit nuit au dessus d’eux, et les étoiles étaient autant de flambeaux allumés de la violence. Alendil riait, par-dessus la tempête, son rire courait sur le fracas des pierres, sur la cruauté de la foudre et écrasait tout. Il s’avança et marcha sur eux, l’épée au poing.

Les hommes n’avaient pas le temps de sortir leurs armes pour les diriger vers celui qu’ils admiraient et craignaient, ils ne pouvaient rien contre celui qui les massacrait. L’épée déchiquetait corps et écus, brisait les crânes, étalait la cervelle et le sang, fendait les armures… Et le rire courait… Et le rire grondait…

Bientôt, de par l’amour qu’ils vouaient à cet homme si fou, tous les Soldats étaient passés dans un autre monde. La salle n’était que monceaux de cadavres cruellement découpés, sans formes, les regards terrorisés, les membres démantibulés… Il ne restait que le Grand Général debout. Il avait le visage ferme, fermé et semblait tenir son épée à la force de ses convictions plutôt que de l’envie de combattre. Ses yeux et sa bouche reflétaient une colère doublée d’une déception.

Alendil se retourna de son côté et posa son arme ensanglantée sur son épaule. Elle lui faisait comme une longue et fine aile. Un sourire de satisfaction cruelle dansait sous ses yeux si peu humains, ces yeux lumineux et rétrécis.


« Tu disais ? »

L’homme plaça son épée entre lui et le démon :

« Le Samurai n’est pas mort… »

Alendil renversa sa tête en arrière et partit d’un rire tonitruant, comme s’il venait d’entendre une marque d’un humour rare. Le ciel fut pris à témoin. Il reposa son regard sur l’homme et posa un doigt sur sa poitrine :

« Il est… en moi… Tu veux voir ? »

Le sang coulait lentement de la lame et tombait au sol, dans une flaque vermeille. Le Général recula de quelques pas, maintenant l’obstacle entre eux, même s’il ne se faisait que peu d’illusion. Il hocha lentement la tête.

Alendil ouvrit encore plus son sourire avant de poser sa paume sur son cœur. Sa main entra dans sa poitrine, comme si elle n’était que membre de spectre. Puis il en sortit son cœur, dans un morceau de glace, un glaçon enfermant sa vie, au cœur de son être. L’organe battait sourdement, dans sa prison bleutée qui arborait des épines.


« Nous ne pouvons mourir… Celui qui nous tue nous porte en lui… Et nous l’influençons plus ou moins… Nous devenons les voix qui conseillent sur les voies de la vie… »

Alendil reposa doucement le cœur à sa place, en faisant attention. Il recula un peu et reprit son arme à deux mains.

« Tu dois mourir… Et ne compte sur Tsukiyo pour te sauver ! Hé, il est en moi ! Il approuve donc ! »

Le Prince se jeta sur son adversaire et porta un coup d’épée à la ceinture. Le choc des lames fit des étincelles rougeoyantes et splendides, le tonnerre s’en sentit petit et foudroya de plus belle. Le combat dura quelques minutes avant qu’ Alendil ne soit lassé et cherche à transpercer littéralement la tête du Général.

La salle n’était plus couverte, la pluie tombait sur la tête des deux combattants, la foudre frappait autour, le lac déferlait en bas, la montagne grondait…

Une goutte de sang tomba au sol, une unique goutte de sang.

L’arme d’Alendil était retenue par la main de Tsukiyo.


« Non… »
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MessageSujet: Re: L'Envol de ma Plume.   Mar 7 Aoû - 5:40

Et les flammes forgent


Il se réveilla en pleine nuit, suant. Il se mit immédiatement sur les coudes, apeuré. Il sentait son dos frissonner, malgré lui.

Alendil rabattit ses genoux près de son corps, tirant par ce geste de recroquevillement les draps blancs, formant une étoile sur le grand lit de la même pâleur, sous la lune. Ses doigts étaient crispés sur ses tibias et il sentait au fond de lui une nausée poindre, une terreur l’accabler. Cette peur naissait du rêve qu’il venait de faire, comme si l’ennemi s’y était embusqué et l’avait attendu toute sa vie.

Le remord ravageait son ventre.

Il recula sur son lit pour sentir la fraîcheur du mur sur son dos brûlant, sur ses muscles endoloris. Sondant l’obscurité, ses deux prunelles brillaient comme celles d’un chat dans le halo d’une torche, comme les yeux d’un aveugle. L’ennemi avait-il réussi à sortir de son rêve pour venir le traquer jusqu’ici ? Il aurait tellement aimé qu’Il le suive jusque dans cette vallée, où il était lui-même tout puissant et indestructible… Mais l’ennemi restait bien au chaud dans ses rêves, là où le monde est régit par Ses soins. Alendil était terrifié.


« Est-ce un rêve, tu crois ? »


Alendil sursauta nerveusement et se cogna la tête au mur en tournant son regard vers l’origine de la voix. Son estomac s’était retourné et ses membres tremblaient de terreur, il était tétanisé. La voix était agréable, chaude, sensuelle. Exactement comme Lui. Mais rien ne brisait l’harmonie des tapis sous la fenêtre, où aurait du se tenir l’homme ou l’être qui avait articuler ces mots de cette voix si belle.

« Cette voix… Quelle cruauté qu’elle soit si belle… »

Un petit rire très joyeux, très enfantin et en même temps si calme retenti, de l’autre côté du lit, là où il ne regardait pas. Le Prince s’éjecta de son lit et s’accroupit derrière, les jambes en coton et la gorge nouée, les larmes aux yeux. Aucune ombre, aucune silhouette ne pointait sa ligne de l’autre côté, encore.

Alendil suait abondamment, il n’avait jamais eu autant peur de sa vie. Il voulait en finir. Rêvait-il encore ? Si non, il voulait mourir rapidement, la tension était insoutenable. Il cria, la voix vacillante :


« Paon ! Paon, c’est toi ? Où es-tu ! Montre toi, cette fois ! »

Il n’y eu pas de réponse. Etait-ce Paon, qui venait La venger ? Il n’en su rien. Il ne savait pas. Doucement, précautionneusement, il remonta dans son lit et remonta son drap jusqu’à son menton, fragile illusion d’être protégé par quelques cocons de fin tissu.

Alendil failli vomir. A quelques centimètres de son visage venait d’apparaître un visage bronzé, blond aux yeux noisette. Mais aucune étincelle ne brillait dans ces yeux magnifiques, aucune chaleur n’habitait le sourire qui hantait la pâleur de mort de ces lèvres si envoûtantes. Il ferma les yeux et recula encore, s’assommant à moitié sur le mur.


« Elle était belle, hein ? Que lui as-tu fait… Pourquoi l’as-tu autant torturé avant qu’elle ne meurt ?»


Les yeux toujours clos, Alendil bondit hors de son lit et tâtonna le long du mur, comme un aveugle blessé, comme un lion amputé de sa force. Il hurla, les vitres explosèrent, le vent s’engouffra dans la chambre et souleva rideaux, draps et tentures dans un bruit puissant et plein :

« Assez ! Assez au nom du Rêve ! »

La main devant les yeux, s’emmêlant dans les draps qui volaient dans la chambre, comme de paisibles nuages, titubant, Alendil donnait des grands coups pour se frayer un passage, appuyé sur le mur. Il arriva près de son armure posée sur le ratelier.

« C’est comme ça que tu comptes me détruire ? Quel manque d’originalité… Entends la douceur de ma voix… C'est comme ça que je vais te détruire!»


Alendil dégaina son épée dans un raclement de métal, et libéra ses yeux. Il ne vit pas le corps sur le lit, Elle avait disparu. Complètement troublé, hors de lui et terrifié, Alendil porta son épée, prenant une garde de défense plus que d’attaque.

« C’est Elle qui t’envoie ? Montre toi ! »

« Pourquoi voudrais-tu qu’elle m’envoie ? Elle est malheureuse, plus que toi, je pense, aveuglé par ton orgueil que tu es… méprisable Alendil… Tu ne mérites pas d’être des nôtres et je vais te tuer. »


La voix était toujours aussi chaleureuse, aussi amicale, aussi douce et séduisante. Alendil était complètement perdu. Que la voix lui dise un mot agréable et il baisserait son arme, que la voix soit gentille et il pleurerait… Il aurait aimé implorer le pardon de cette voix, de cette peur qui le hantait et le rongeait, mais un nœud lui obstruait la gorge. Il n’arrivait pas à exprimer sa tristesse, son besoin de chaleur et la voix creusait un fossé entre ce manque et la réalité.

« Alors où est-Elle ? »

« A l’abris, loin de toi et surtout loin des tiens. Je me suis assuré que tu ne puisses la retrouver pour la contacter. Tu l’as tué, elle est morte… »


Alendil était toujours en garde, son épée haute et les yeux furetant dans la chambre. Il n’avait pas bougé et ne décelait toujours aucune présence.

« Elle était prête à embrasser ta famille, à la rejoindre, à porter ta vie en elle… Pauvre fou, pauvre gamin, pauvre et misérable être humain… Toi qui es un monstre, tu seras amené à disparaître, comme tes prédécesseurs. »


Paon commençait à entrer dans le domaine de la violence et du mépris, terres dans lesquelles Alendil savait se repérer, eaux dans lesquelles il avait appris à nager avec une perfection raffinée. Il harangua, se déplacant de côté :

« Je ne suis pas blessé comme Tsukiyo… Et je ne suis pas aveuglé par ma colère envers le monde comme Akira… Je suis moi, armé, voyant et en pleine force. Que crois-tu pouvoir faire contre moi ? »

Paon eut le même rire clair et illuminé que tout à l’heure et sa voix se chargea d’une teinte malicieuse, comme s’il se faisait le complice d’Alendil :
« En effet, tu serais parfait si ton orgueil était moins haut, si ta maturité l’était plus et si tu étais plus humain. Beaucoup de si… Et tu as un gros défaut, pour tes… tes combats… »


Il avait chargé ce dernier mot de tout le mépris possible, de toute la colère que la terre ne puisse porter et l’avait prononcé lentement, en en détachant les syllabes.

« Ah oui ? Je suis invincible ! Invincible ! Rien en ces terres ne peut me défier, rien, tu entends ? La force est mon droit et ma puissance mon règne ! »

Paon rit encore. Ne se montrant toujours pas tandis qu’Alendil se déplaçait lentement dans la chambre, testant tous les points de vue pour essayer de trouver où il se cachait.

« Ton règne ? Mais tu crois que tu règnes sur quoi ? Une poignée de ruines et quelques âmes torturées, voilà ce que tu as fait d’un espoir ! Tu ne règnes que sur ton Château d’Alendil où quelques êtres dépravés jouent aux fantômes. Tu m’amuses. Règne, règne… »


Alendil bondit en arrière en portant un coup d’épée. Il l’avait enfin trouvé. Il était debout, une main dans une poche, devant lui. L’épée le traversa de part en part sans que le sang ne jaillisse. Il était brun, grand et les cheveux en bataille. Un regard incisif et un air mélancolique, la peau lunaire, pâle. Une grande bouche et une peau glabre finissait de définir physiquement l’être, Paon. Au fond de ses yeux brillaient deux flammes rouges, que l’on pouvait voir danser. Il avait deux ailes qui se laissaient aller par le bercement du vent, et une boucle d’oreille flambait à son lobe gauche. Une boule de métal en fusion.

« Paon… »

L’être sourit, le visage s’illumina et toute trace de tristesse le quitta, par ce simple sourire. Il s’envola légèrement et alla s’asseoir sur une haie qui formait un mur, qui formait le mur de la chambre.

« Oui. C’est bien moi. Et te voici dans mon labyrinthe. »


Alendil s’affola : il n’était plus dans son Château.

« Elle est ici ? »

« Non. Je t’ai dis que je la protégerais de toi. Tu es incapable d’être adulte. Tu es colérique et capricieux, trop. Tsukiyo a essayé de te raisonner quand il en était encore temps… Te voici prisonnier de mon esprit, de moi, du Labyrinthe de Paon… A bientôt… »


Et tout sombra dans le néant, comme dans un rêve. Le sel, le goût des larmes, la tristesse, la destruction, le suicide… Tout cela s’emmêlait comme un tourbillon de fleurs prit par un vent trop chaud, trop sec, trop cruel… La Vie…
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MessageSujet: Re: L'Envol de ma Plume.   Mar 7 Aoû - 6:18

Le soir de son Epoque




L’homme est en lui-même une dualité ? La terre, le ciel. L’homme, la femme. La paix, la violence. Et toi, et moi.

***


Le soir tombait et Pierre-Adrien avait le souffle court. Il avait longtemps couru pour se cacher et ne pas aller là on lui avait demandé d’aller. Il avait mieux à faire que de s’asseoir sur une table et d’écouter un adulte expliquer de vagues formules issues de la seule imagination d’un demeuré qui s’ennuyait. Pierre-Adrien ne réussissait à imaginer une autre explication à l’invention des mathématiques : un jour, un homme s’ennuyait et s’est dit :

« Tiens, si je rendais la vie compliquée et fatigante ? »

Et il l’avait rendu, cette vie. Le jeune homme dont nous suivons l’histoire la trouve compliquée et fatigante, du simple fait de cette science, la plus dure des sciences. Il ne voulait pas aller au lycée en ce jeudi matin, il avait mieux à faire. Il allait reprendre le nom d’Alendil et redevenir ce personnage confiant et puissant. Il endosserait de nouveau les ailes de Paon pour dominer par son intelligence et son sadisme en l’autre ce qui le traumatise chez lui. Par petits moments, il se laisserait aller et le Tsukiyo en lui parlerait pour réconforter ou prendre quelques décisions.

Mais toujours au fond de lui bouillait l’enfantin Akira, le Samurai aveugle qui n’osait regarder le monde en dehors de ce cerisier qui le protégeait. Cet enfant qui a ouvert ses yeux et a préféré saccager plutôt que d’affronter ses peurs. Et des colères d’Akira coulaient toujours sang et larmes.

Il pourrait envier de nouveau le fil du destin, pendu entre deux nuages. Il pourrait s’enfermer dans sa cité, dans ses murailles. Pierre-Adrien avait appris à nommer les morceaux du puzzle qui faisaient son être, les liant tous en une mosaïque qui était lui, tout simplement lui. Mais partout, il affichait une nonchalance et une somnolence qui ne trompait personne.

Pour l’heure, le voici qui s’endort, avachis sur son lit, partant pour des vallées où sa vie est un fil, où le monde est l’écorce et où chaque homme est un pétale sur le cerisier, qui tombe avant d’avoir éclôt… Une vallée où les hommes courent après le temps, cette denrée si rare que l’on court toujours après pour la voir finalement arriver à nous toujours à l’heure… Une autre où il pourrait proclamer haut, fort, avec superbe et dédain à des assemblées d’orateurs s’auto congratulant via des joutes verbales adolescentes:


« Je ne cherche à démontrer nulle force, nulle supériorité sur vous: je sais déjà que je suis le meilleur. »

Pierre-Adrien et ses hontes s’effacer pour laisser place à une plume, un esprit, un fantasme… Un rêve… éveillé… et les fleurs… en floraison… sur le grand cerisier du monde.

***


« Pourquoi me raconter tout ça aujourd’hui ? »

« Parce que je me suis trop tu… Et que je veux me pardonner, je cherche comment me pardonner… de moi à moi. »

« On ne peut se pardonner d’avoir été soi-même, on ne peut que comprendre pourquoi ce soi même était ça et tout faire pour le changer. »

«»

***


« Oh, arrête de pleurer, tu n'as plus l'âge de pleurer! »
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MessageSujet: Re: L'Envol de ma Plume.   Mer 8 Aoû - 16:36

Et le Vent qui Renaît




Alendil se réveilla en sursaut. Ses yeux s’ouvrirent directement sur les teintures rendues bleutées par la pâleur de la nuit qui s’engouffrait par les deux grandes portes vitrées avec leurs grands carreaux. Il sentait sa nuque trempée et son front brûlant. Il se redressa, assis, et se massa doucement les tempes. Après avoir respirer lentement, essayant de reprendre le contrôle de son corps et de taire ces spasmes nerveux, il s’était retourné à demi, vers l’intérieur de son lit.

Il contempla longuement la forme endormie blottie sous les draps, le visage angélique tourné vers lui. Il avait du la brusquer en se réveillant si brutalement, mais elle n’avait visiblement pas été dérangée plus que ça. Il sourit. Un sourire pure, calme et bienheureux. Il se rallongea, sur un coude, franchement tournée vers elle, cette fois. Il caressait ses cheveux, glissant prudemment sa main dedans, sans la réveiller, et avec une tendresse infinie.

Elle était son trésor, son bonheur. Elle était ce qui lui permettait de mener des guerres d’une main ferme, ce qui l’incitait au pardon face à la trahison, à la compassion face à la détresse et à la bienveillance face à l’amour d’autrui. Elle respirait lentement, endormie dans quelques rêves qui la faisait sourire. Elle était si belle…

Alendil s’adressa à elle en chuchotant :


« J’ai fais un étrange cauchemar mon amour… Où j’étais dedans, je me voyais de dehors… et aussi où je m’appelais autrement… Je n’ai rien compris, mais je ressentais une angoisse monstrueuse… »

Il s’arrêta de parler et passa son doigt sur la joue de la jeune fille, l’effleurant à peine dans ce monde pâle. Il approcha son visage et le blottit contre elle, tendrement, sans la toucher.

« Que ce monde est froid, celui dont j’ai rêvé… Et que j’y suis le plus cruel des êtres froids qui y vivent… Mon amour… mais tu es là et nous sommes dans ce monde, ce monde chaud et lumineux… »

Et Alendil se rendormit, blottie contre elle, elle qui dormait et lui qui dormait, eux qui dormaient l’un contre l’autre, dans une confiance totale et un amour enfantin… Mais déjà adulte.

La queue oscillait avec une sorte de rage sourde. Les ailes ne bougeaient pas. Les yeux rougeoyaient. Paon, assis sur le haut d’une des armoires, avait assisté à la scène, rageur et amer. En sa gorge grondait une sourde clameur qui en disait long sur ce qu’il n’exprimait pas à voix haute.


« Eh, quoi, serais-tu menteur ? »

Tsukiyo était accroupi dans le vide, les talons levés et les coudes sur les genoux, mains pendantes. Paon grommela :

« Fiche moi la Paix, Tsuki’. »


Celui-qui-marche-sur-le-fil rit avant de répondre :

« Faisons un marché, puisque notre ennemi à tous est tombé. »

Paon se tourna vers lui, le regard brûlant où tournait un tourbillon de flammes rouges et oranges. Il attendait que l’autre lui fasse part de son marché :

« Le Samurai a été vaincu. Ni par ma sage force, ni par ton intelligent sadisme, ton génie cruel. »

Tsukiyo montra du menton le lit et continua :

« Il a été massacré sans violence par l’amour que ce garçon avait pour cette fille. C’est le propre des êtres humains, quoiqu’ils en disent, tout tourne toujours autour de l’amour, de leurs rêves. Ce garçon était maladroit, et s’est cherché. Il a utilisé tout ce que sa tête et son corps lui offraient pour voir ce qu’il pouvait en faire. Et il a compris. »

« Ah ah ! Il a compris, tu parles… »


Tsukiyo tourna son visage vers Paon et lui sourit, ses yeux à facettes brillants doucement dans l’obscurité claire de la chamrbe.

« Je pense que je me serais passé de cette remarque cynique. Il faut savoir admettre une défaite, Paon. Si tu ne l’admets pas, ce petit va encore souffrir, par ta simple bêtise, ton simple orgueil. Ton rôle est terminé. Laisse-le tranquille. »

« Sinon, quoi ? Je le laisse ou bien ? Si tu cherches à t’opposer à moi, tu accepteras qu’il reparte dans des combats entiers… »


La voix de Tsukiyo se fit douce, comme un murmure :

« Mon ami… Elle est prête à te tuer, je n’en doute même pas… J’ai confiance en lui, en eux… En ce qu’il est grâce à elle, sans qu’elle ne le sache, tandis qu’elle dort, dans des vallées loin de lui où elle ne le voit pas… »

La queue de paon claqua comme un fouet et ses ailes bougèrent, de rage. Tsukiyo rigola :

« Et il semblerait que tu le saches déjà, que tu le savais avant que je ne te le dise… Hé hé, mon ami, nous ne sommes que des rêves, des états… »

Doucement, alors, par cette nuit où Alendil dormait, où elle dormait, et où deux Anges Gardiens penchés sur leurs sorts s’étaient disputés, les corps de Tsukiyo et de Paon s’effacèrent lentement, en silence. Et un vent frais balaya la chambre, entrant par nulle porte, un vent qui venait de naître en cette nuit, un vent nouveau… comme un espoir, comme un nouveau rêve… comme une nouvelle vie…
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MessageSujet: Re: L'Envol de ma Plume.   Mer 8 Aoû - 19:12

Une Fleur de Cerisier s’Ouvre enfin



Tnit, tnit, tnit, tnit, tnit, tnit, tnit…

Le président Nicolas Sarkozy accompagné de sa femme a sauvé…


Un grommellement. Autant avant j’arrivais à me lever rapidement, autant plus le temps passe et plus c’est dur. Je dois vieillir. J’éteins le réveil à tâtons et pose mes lunettes sur mon nez, les yeux encore fermés. C’est une sorte de réflexe, je n’ai pas besoin de penser ce geste. Je tends le bras, j’attrape mes lunettes, les déplie avec le pouce et me les mets. Peut-être est-ce qu’un jour j’arriverais à bénir les lentilles, mais pour l’instant j’éprouve une espèce d’appréhension à l’idée de laisser un homme en blouse me mettre ses doigts dans les yeux. Surprenant.

J’ai un sentiment étrange d’un vécu oublié. L’impression de ne pas être au bon endroit. J’ouvre les yeux et je vois ma chambre, normale, semblable à elle-même. Le bannière « Les jeunes pour Ségolène » est toujours là, mon ordinateur est toujours le roi de mon bureau, régnant sur un tas de choses difficilement identifiables. Mes bandes dessinées rangées en ordre, mes
bouquins aussi… Alors qu’est ce qu’il ne va pas ?

Il manque quelque chose d’évanescent… Ma double porte vitrée ouverte laisse le vent entrer. Je repousse le drap et en savoure le passage sur mon corps. J’adore le vent, il est tellement rassurant, tellement toujours lui-même, puissant et excitant… Je sors d’une nuit longue, tellement longue.

Mon corps est calme, ma tête semble s’être perdue dans quelques passés à ce point oubliés qu’ils en deviennent étouffants et écrasants.


« Qu’est ce qu’il m’arrive ? Pourtant je n’ai rêvé de personne qui puisse me manquer… »

Qui ne s’est jamais réveillé plus malheureux qu’il ne s’était endormi, suite à des moments passés avec l’être aimé alors que celui-ci ne partage plus sa réalité… Un goût d’amertume et d’angoisse laissés dans le cœur par des images échappés de l’inconscient. Une rose… Un pétale de cerisier porté par le vent, si frêle, éphémère et pourtant si vitale. Il n’est pas de vie qui ne trouve de sens sans l’amour. Et l’amour n’est qu’un instant, qu’un éclat de ces vies. Oh…

Je me lève et sors de mon lit, il fait encore nuit dehors.

Je me regarde dans la glace et trouve que mon reflet est toujours le même, blafard et calme. Je saute dans la douche, voulant laver mon corps comme j’aimerais laver mon esprit. Une douche et demie plus tard, je mange le petit-déjeuner préparé rapidement par mon père, il me demande si j’ai bien dormi. Et là… Et là, flash-back…

Alendil…

Paon…

Tsukiyo…

Akira…

Alinea…


Mon père me regarde, surpris, je m’étais levé d’un bond, envoyant valser la chaise. Il me demande si je vais bien.


« Je vais bien. J’ai fais un rêve vraiment étrange. Un très long rêve… J’ai l’impression d’avoir dormi toute ma vie. »

Mon père me raille gentiment, selon quoi il serait temps que j’en rende compte. Je souris et repense avec nostalgie à ce rêve… J’en ferais bien un poème… Ou une histoire… Ou un recueil de nouvelles… Nous sommes tous deux nés en août, moi le 21... Un chiffre sacré parmi tellement d’autres.

Mon esprit s’envole, loin au dessus de mon bol, loin au dessus de la ville de Toulouse, de la ville rose, de ce rêve éveillé… Je m’envole…

Mon père ouvre les volets de la cuisine et je reviens dans mon corps pour regarder par la fenêtre. Le soleil se lève, tout rose, sur une nouvelle journée… Une nouvelle… vie. Et en ce matin, c’est bien l’envol de ma plume qui vient de réussir, libre et heureuse.

Au loin, entre deux nuages, il me semble voir un fil… A moins que ce ne soit le passage d’un avion dans ce ciel qui s’éveille timidement. Je crois voir un oiseau trop gros pour en être un, voler près de ce fil… Je souris et leur fais coucou.

Mon père me regarde bizarrement après avoir cherché dans le ciel ce que je pouvais bien regarder. Je me sens un peu bête et lui souris encore plus, le rouge me monte aux joues. Au loin, je sais, même si je ne le vois pas, qu’un Samurai a enfin ouvert les yeux, quelque part dans le monde, un Samurai ne s’est pas tué, un monde s’est ouvert et un adulte a franchis le pas de son enfance… Et Alendil est autre que moi, dans une autre vallée… Qu’importe où il est, il sera toujours là pour moi, et je serais toujours là pour lui. Suis-je réveillé, est-il mon rêve ?

Qu’importe, que ce soit le sien ou le mien, c’est l’éveil.



Fin.
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